Soldes-Soldes-Soldes-Soldes
Samedi 26 Janvier
Ce samedi, tandis que je me levais doucement vers 13 heures et quelques miettes, je décidai après ma douche et mes frittes avalées tranquillement en tant que petit-déjeuner, de continuer à me croire à l'hôtel, et donc d'aller me promener. J'étais libre pour une fois, n'avais pris aucun engagement avec un ami pour une sortie à Lille, j'étais seule, et entièrement libre.
Mais on s'en fout!
Je m'en allai alors, laissant ma chambre toujours en ordre en désordre, le sol du rez-de-chaussée sans balayage de ma part, la table débarrassée évidemment, j'attrapai mon manteau en dain noir à la mode que je n'aime pas particulièrement, mon porte-monnaie obtenu en cadeau début septembre avec mon sac Eastpack , mon blé récolté sans travail et le foutai dedans. Cheveux en bataille, serre-tête étoilé, jean foncé et converses beiges, et gueule qui vient d'être réveillée, je quittai le domaine vide et m'en allai dans la ville.
Intéressant...
Blindée comme une oie, je pris la route de l'Usine. Libre de choisir ma journée, j'avais décidé d'aller voir les soldes. Chaque année, ce truc fait un tapage pas possible - et surtout à mes oreilles. Tous les jours pendant ces périodes de promotions, on m'innonde de fiertés revendiquées, du genre: "J'ai acheté un haut qui coûtait 90€ à 10€ !" " J'ai ach'té ça, ça et ça, p'tin j'aiiiiime grave les soldes !" " Et toi t'as ach'té quoi Anissa? " et j'en passe bien sûr. Par conséquent, je me suis dis aujourd'hui que j'allais, moi aussi, me transformer en mouton-sauteur ( sur les "affaires" ) et que je devrais aller voir les soldes. Ces étiquettes collées sur les fringues les plus moches dont les prix ont été remplacés par des plus élevés, pour faire croire à une affaire, et brouter les moutons.
Genre ils nous arnaquent, pfff !

Je me dirigeai donc vers l'Usine, on m'avait bien dit qu'à Pimkie, les tee-shirt était à 2€ et les pantalons à 5€. Je pris pour cela le 25 qui m'y
mena plus vite que mes pieds.
Fidèle, je commençai par Pimkie: Dès un pas dedans, le choc! C'était quoi? Un entrepôt d'habits récoltés, un vide-grenier? C'était un amas de chiffons qui dénudent plutôt que vêtent. Je ne vis strictement rien que je pourrais porter, même pour 2€ en effet.
C'est quoi au juste cet article? L'essai d'un nouveau style d'écriture? . . .
Je sortis une minute et 40 secondes après mon entrée, et poursuivais dans la lancée, rentrai à Spot, Jenyfer, Teddy Smith, Quick Silver, Ripcurl, Etam et tous les autres magasins Usinier à vrai dire. Le résultat fût désastreux! Quels étaient les soldes? Des -90% sur des fringues à 1€ et des -1% sur ceux à 90€ ! Et encore il fallu fouiller - enfouir la tête dans les rayons, pour trouver les fichus soldés. J'en riais intérieurement. D'humour, vraiment, je trouvais ça drôle.
L'écriture cours préparatoire?
Mais rentrer bredouille est desespérant, je déteste faire les choses pour rien, c'est vrai, et partout... Je pris la route à pieds pour atteindre la sympathique Grand-Place.
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Je marchais seule, écouteurs musiquant, cerveau pensant, et heureux de liberté, par ce temps qui était mon préféré, un peu frais mais parfais, le temps qui aspire à tant d'idées. .
Je traversai toute l'avenue Linnée, puis continuai dans la rue de Lannoy, m'avanturant sans crainte dans la jungle, blindée jusqu'à l'os. Et puis je réalisais petit à petit une chose.
V'là qu'elle s'la pète l'autre!
Quand on marche seul, l'esprit pense de lui-même, et on est pas obligé de l'écouter - c'est plus agréable que d'assister, allongé, à son travail de bourrin. Cette fois, j'appréçiais en même temps ma virée en solitaire, l'air frais, et mes pensées éparses et vagabondes. Mais lorsque j'entendis à l'intérieur cette chose, je m'assombris un moment. La liberté et la solitude ne sont pas complémentaires, on n'est pas assez libre quand on est seule, la liberté se croque à plusieurs, se partage. Il faut en retrouver.
C'est du quelle langue?

Je pris le bus rue de Lannoy, parcourus Mc Arthur Glen, tout ça comme sans voir le monde piaillant et excentrique qui regardait avec intérêt la belle fille solitaire que j'étais en ce moment. C'est A-BU-SE là quoi !! J'entrai dans GEANT dont la façade était décorée par des statuts de chair en survêtement.
Je leur souriait sans arrière-pensée.
A Pimkie, j'entrai sans percevoir le moindre solde, sans percevoir même la moindre fringue. Mais l'idée de ne pas rentrer bredouille me poussa à fouiller un peu plus. J'attrapai alors un jean et un sweet à rayures blanches et marron, que j'avais déjà à rayures noires et rouges, ainsi qu'une sorte de veste à capuche, noire avec quelques étoiles, à la mode ces tesmps-ci. Dans la cabine où je ne cessais de me débattre avec le rideau jaune, pour pas que l'on puisse voir mon corps en souvêtements, je remarquai tout de suite que la "veste" était encore une de ces machins miniatures et extrêmement serrés.
![[Photo du vestiaire culturel (1) - jpeg 143Kb]](http://lgb.unige.ch/tptd/images/tab-vestiaire_s.jpeg)
J'achetai finalement le jean et le sweet. Puis, stressée de chaleur et avec des yeux qui voyaient encore des rayons de vêtements, j'allai me détendre au Furet. Et après l'achat des Chaises de Ionesco, je rentrai chez moi par le tram, qui me conduisit jusqu'à la porte Hôpital Victor Prouvost, où je pris le 25 à l'arrêt près de Baudelaire, tout ça en me la coulant très douce, sachet Pimkie multicolore à la main.

Et y'était quelle heure quand t'es arrivée? Pff
Ce fût un bon après-midi, en rien enrichissant, fatiguant, et en solitaire.
Ainsi je vais pouvoir raconter mes péripéties promotion moi aussi.