C'est magnifique
Et maintenant?
C'est moi moi moi moi moi moi moi moi moi, jusqu'à l'amour.
C'est incroyable ce que la déchéance peut être à notre portée de main. Je suis déchéante. J'aimerais bien faire un article sur un sujet intéressant, un truc de l'actualité, ou encore sur des choses que nous vivons tous les jours, que nous ressentons, ou même un texte engagé, ou une belle petite poésie. Mais c'est impossible. Plus rien ne m'intéresse. Plus rien ne m'attire dans ce que je peux obtenir. J'ai dit à la conseillère d'orientation ce matin que je ne voulais pas partir dans l'utopique quand elle me parlait, elle aussi, de trucs incroyables, comme sciences po. ou les grandes écoles littéraires avec des concours de dingues. J'ai dit que ce serait impossible pour moi. Que je ne remettais pas en cause la possibilité, pour certains, de sortir du lot et de réussir, mais que pour moi, ce serait sûrement inaccessible. Elle m'a demandé pourquoi j'étais "comme ça", j'ai simplement dit que "je n'y croyais pas". Pas à la réussite sociale, ni à aucune réussite. Comment peut-on croire à cela? J'ai encore parlé de cette histoire de volonté et de motivation.. Je veux réussir mais je ne veux pas me casser trop la tête avec les cours au lycée. Bref, on l'aura compris, c'est similaire dans tous les domaines. L'amour non plus, comme pour les bonnes notes, je ne cours plus après. Avec cet état d'esprit, les gens me paraissent presque tous sans intérêt également. Ce n'est pas que je les ignore et que je vais seule dans mon coin. Non, il faut être accompagné. Mais c'est devenu de la compagnie telle quelle. Je veux dire, les gens, je leur parle, ils me parlent avant bien sûr, mais nous parlons, mais une fois parlé, bien parlé pourtant, je m'en désintéresse. Il y a des choses que l'on sait, c'est instinctif et pas vraiment explicable, et je devine que ces gens-là ne sont pas ceux que je veux. Je les aime bien, mais parfois je ne peux plus les supporter. Ils sont tellement tous pareils.. Moi aussi, je suis pareille, mais il y a des différences. Ce qui est ironique, c'est qu'il y en a aussi à qui je ne parle pas. C'est ainsi, on ne discute pas avec tout le monde. Certains parce qu'on ne les aime pas, d'autres parce qu'il y a un blocage. Ce blocage est souvent dû à un intérêt mutuel. C'est vraiment ironique. Et puis il y a des moments, c'est une conséquence obligatoire je n'y peux rien, où en effet, je vais jouer ma solitaire. Enfin, 'jouer', pas vraiment. Je mettais ce verbe car il est certain que je préfèrerais être avec les autres. Si je n'étais pas aussi compliquée et chiante, ce serait facile, j'irais avec tous, enfin, je resterais , et en étant telle, j'aimerais mieux être avec des personnes qui me comblent. Mais quand même, la plupart du temps, je fais des efforts. La solitude, c'est effroyable. Je suis déjà assez seule de l'intérieure pour provoquer moi-même- volontairement- ma solitude. Evidemment mes amis sont éparpillés mais passons à autre chose. Ensuite, je ne vois plus trop à quoi les jeunes de mon âge peuvent s'intéresser.. Ah si, être beaux. A vrai dire, là encore, cette préoccupation n'est plus réellement la mienne. Vouloir plaire, c'est fini, puisque je ne crois plus en la possibilité d'amour . Découvrir que j'étais finalement plutôt attirante, pendant un temps, m'a plu, mais comme tout qui ne satisfait pas assez, c'est passé. Alors je me fringue comme une roumaine qui mendie et mes cheveux sont mal coupés, et puis le maquillage, c'est plus mon truc non plus. Les garçons qui me regardent savent qu'ils sont fous. Alors ils ne tentent rien. Certains ont tort, mais je ne force pas les choses, c'est fini, je ne me bats plus en amour. Il y a aussi s'amuser, que les jeunes aiment. Moi aussi, j'aime. Mais je manque de liberté, et même si je m'en sors pas trop mal pour la voler et vivre mes expériences, je trouve que ce n'est pas assez.
Je veux passer mon temps à m'amuser.
Et je me rends compte que, comme le reste, cela aussi est vain.
Et puis même, j'ai remarqué que cela s'étend de plus en plus, cette envie de faire des conneries , et tout ce qui est répendu me désintéresse. Boire de l'alcool, fumer des pétards et (au moins) rouler des pelles sans lendemains se fait presque partout, aujourd'hui. Les années précédentes, c'était moins, je veux dire autour de moi, les gens de mon âge. Et là, tout le monde se vante d'avoir été en boîte et de s'être pris une cuite, etc, etc. Ils m'énervent sur ce point. Si les gens ne me demandaient pas si je consommais les substances enivrantes et si je ne me droguais pas un peu, j'aurais moins une étiquette de rebelle. N'importe quoi. Ils aiment quoi encore? Ah, mais oui, leurs relations avec petit-copain/ petite copine, ils adorent ça. Alors là, ce que l'on peut me barber avec il m'a dit ci, elle m'a fait ça et tu crois que ça ira comme ça? et comment t'explique ci toi? (Bon, quand ce sont mes amis qui me parlent de leur relation au quotidien, j'en discute avec eux, et cela m'intéresse même un peu.. Quoique c'est plus d'eux que je me préoccupe dans tout cela. ) De vrais petits ménages. C'est fou. Ils n'ont pas compris qu'à leur âge, si c'était pas l'amour aveugle ou l'histoire pour l'affection des corps, fallait pas s'attarder dessus. Le truc, c'est que tous les ados veulent être adultes le plus vite possible. Ils ont le permis, ils découvrent les boites de nuit, ne baisent pas pour la plupart, mais s'inventent des explois, puis pensent à leur avenir social et à leur couple, tout cela en pensant et en agissant toujours comme des gamins. Moi, je trouve que cela fait con. Faut dire, il y a quelques mois, quand je disais que j'étais encore une enfant, je ne devais pas avoir l'air très maligne non plus.
Voilà, tout cela pour dire, une fois de plus, que le truc énorme qui m'use le plus parmis tant d'autres, c'est moi. J'en suis à me demander sérieusement si mon espérance de vie n'est pas trop courte. Comment pourrais-je vivre dans cet état? Je sais bien que mes articles deviennent horribles pour vous, je n'y parle que de moi. Mais tout ce que l'on écrit part de nous-même! Comment pourrais-je écrire des trucs sur notre société et ce qu'il s'y passe en ce moment si je me fiche totalement de la société? Comment pourrais-je écrire sur l'amour si je n'ai pas d'amour? Comment pourrais-je écrire sur la beauté des relations humaines si je les trouve desastreuses voire inexistentes?
Je ne peux pas exprimer à quel point j'ai besoin d'autres états d'esprit que le mien.
Je ne fais pas d'appel au secours, l'aide se propose, quand il n'y a pas de situation mortelle, je ne la demande pas à tous. Les psys nous la proposent.
Les psys.
Psychiatres.
