Un jour de grand soleil.

Publié le par Anissa

 


Un jour de grand soleil, en noir et blanc.




"J'ai bien compris qu'il faut quelque chose de plus que de simples qualités morales et de la beauté pour plaire. Il faut du tact, de l'expérience et de l'argent. Un sourire omniprésent. Aller vers les autres et s'intéresser à eux. Leur proposer des activités. Dire que l'on aime s'amuser et que l'on amuse. Etre actif ( avoir de l'énergie ). Etre un peu rebelle. Etre libre. Rire fort. Parler beaucoup. Montrer que l'on aime la vie et surtout les raisons que l'on a de l'aimer. Anoncer aux autres que l'on plait au sexe opposé, que l'on a eu plein de conquêtes, que l'on en a encore.
En général quand on sait faire tout ça, on est également doté de grandes qualités morales et d'une beauté. C'est l'ironie."




Guillaume Depardieu en 2008 dans «Versailles», de Pierre Schoeller.
Je l'aime bien.





[Y'en a pour qui c'est moins facile.
Y'a en plus les effacés, les timides, un peu trouillards et pas très beaux. Ils n'ont en général aucune vie sentimentale. Cela peut leur arriver, mais c'est très rare. 
On les juge inutiles et on se fout de leur gueule de ringards. Au fond d'eux, ils crèvent souvent d'envie d'être comme les autres, ceux au top niveau qui sont par groupe et qui sont contents. Mais ils savent que c'est impossible donc restent dans leur coin poussiéreux. Ou alors ils se rejoignent par semblables. C'est pas très beau à voir. Mais de toute façon, personne ne les regarde vraiment.]

En seconde, j'étais habillée pareil, mais j'avais 10 kilos en moins et plus de cheveux.

Y'en a aussi d'autres. Eux, c'est bizarre. Ils ont une belle gueule, mais c'est une beauté spéciale. Ils savent parler, putain ils savent parler mieux que personne. Ils savent s'amuser, ils ont de l'expérience en plus, ils ont l'expérience de la conscience. Ils se droguent, ils boivent, ils fument des cigarettes mais ça c'est plus la peine de le dire. Ils lisent, ils écrivent, ils dessinent, ils pensent, ils fument du shit et boivent dans tous les bars. Ils font de l'art. Ils parlent aux gens, mais pas toujours, et pas à tous. Ils ont un peu du mal dans le domaines des rapports sociaux. Enfin, eux, c'est comme ils veulent. Mais souvent, ils veulent pas. Quoique.. ils aimeraient savoir vouloir, c'est vrai. En général, se fait ressentir chez ces gens-là une démotivation dûe à une deception constante. Ils sont un peu solitaires et ils donnent l'impression d'aimer ça, et donc de faire exprès. Ils choisissent, certes, de se mettre à l'écart parfois, mais paralèllement, ils détestent  cette part d'eux qui fait ce choix. Leur vie sentimentale est douloureusement compliquée. En naissent de nombreuses déceptions. Leur vie elle-même ressemble fortement à une deception, pour eux. Ces gens possèdent en eux des envies immenses, que l'on peut naïvement nommer "Idéal". Tout à la fois, ils savent bien, très bien, trop bien, que cet Ideal est du genre inaccessible et que les êtres aux telles âmes crèvent avec une montagne d'envies, de désirs inassouvis. Ils vivent donc dans une deception permanante, qui peut porter le terme de "gâchis", ce terme n'étant pas vraiment le bon, car en général, le gâchis part d'erreurs. Dans leur cas, c'est un gâchis naturel. On ne peut cependant pas parler de déterminisme au sens propre, les actions sont décidées, mais le fond, base de toute décision, est naturel, et INCHANGEABLE. Un poids, lui aussi naturel, risque donc de peser longtemps sur le crâne de ces gens-là. Leur seule alternative est évidemment l'amour neuf, l'amour sans condition, l'amour inespéré, l'amour partagé, l'amour, l'amour, l'amour, l'amour qui donne des ailes et qui fait oublier qui l'on est. Socialement, la plupart du temps, ils échouent et c'est outre un flot de capacités perdues pour la société, une fin logique. C'est tout leur "moi" qui aspire à la déchéance ( distinction faite du "moi" et de l'envie de ce moi : on veut détruire, changer ce moi pour avoir plus de chances de répondre aux désirs ).
Ces belles personnes, que les autres appellent sans fondement "intelligentes" ou "philosophes" ou "spirituelles" ( ou encore "rêveuses", "dans leur monde", "baba-cools" et "toxs" avec un petit rire gentil et complice.. ), se termineront presque toutes à la seringue dans un terrain vague abandonné. Et seules.










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Publié dans Octobre 2008

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A
Euh.. me faire du mal pour les autres?<br /> Me faire du mal?<br /> Pour les autres?<br /> J'aimerais tout faire pour me satisfair, Et les autres ne me comblent pas. C'est tout!
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A
Bin je le regarde, le ciel. Mais il est très silencieux. L'espoir, c'est plus trop ma sauce en effet..<br /> merci de dire que mon texte est beau, et oui j'suis sans doute " la naufragée de ma propre tempête". Mais bon, on dirait qu'il y a un truc en nous qui agit indépendamment de nous.. l'auto-destruction, à la base c'est le but de personne!
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D
SI!!! il y a de la beauté à voir..mais pas sur un terrain vague..avec une seringue!!!<br /> " l'enfer c'est quand on perd l'espoir"<br /> la beauté de ton texte...cette révolte..tu es la naufragée de ta propre tempete..se faire du mal..pour les autres!!!<br /> tu as été creée pour regarder le ciel...comme nous tous!!!<br /> djila..
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A
Ben oui je le pense, et parce que ça me paraît véritable. Pourquoi ferais-je de la fiction qui ressemble si peu à de la fiction? Et pourquoi serait-ce pour déranger mes lecteurs? Ce genre de texte m'incrimine moi avant tout.. on le comprend avec le dernier paragraphe. Et puis le reste témoigne d'une certaine déception- voire dégoût- que j'éprouve parfois vis-à-vis de l'organisation humaine. Mais on est tous pareils, enfin.. Merci.
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K
Penses tu réellement tout ce que tu écris, ou est-ce ironique, voir fait pour déranger tes lecteurs?<br /> En tous les cas sois la bienvenue!<br /> kamailion
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