Jardins artificiels (fin)

Publié le par Anissa

 ******** Jardins artificiels ( fin )

                                                                        (magnifique photo trouvée sur internet)


_Pour en finir avec ce truc:


- Tu es ironique? Moi je suis ici pour travailler, je travaille  pour gagner de l'argent, argent destiné à me permettre de me loger, nourrir, habiller, et me distraire lors de mon peu de temps libre. Je trouve que comme but secondaire, c'est déjà pas mal, mon dessein primordiale étant de me maintenir en vie. Il y en a d'autres encore, comme trouver un autre poste, ou trouver un autre coeur, le mien a besoin de compagnie... Mais toi, nue dans mon jardin artificiel, avec le cerveau à l'envers, sans raison, sans expliquation, sans rien! Ou avec tout le rien du monde plutôt! N'es-tu pas l'errance-même?

- Je n'erre pas. Je fais l'amour dans la nature. Vous errez, dans le non-savoir, l'incompréhension et la cécité.

- Mais moi je sais tout! C'est toi qui n'as rien compris, la vie, est-ce que tu vois la vie? Je vis, tous vivent sur Terre, à part ceux sous-terre, tu es toi-même vivante! Et nous serons tous un jour ou l'autre aussi morts que nous sommes vivants aujourd'hui. Chaque jour de notre vie est un pas vers notre mort...

- La vie est Rien. La mort est Rien. La vie et la mort sont Tout pour vous. Mais Tout n'est que Rien. La vie et la mort sont Rien. Vous êtes Rien. Je suis Rien. Rien n'est pas rien. Tout est Rien. Sans exception. Il n'y a rien. Ouvrez les yeux, regardez tout ce que vous croyez avoir, demandez-vous ce que ces choses représentent pour vous.
Dieu est inaccessible, les êtres- aimés sont mortels, l'amour est loin, ou rare, le plaisir est traître, les amis sont amoureux, les objets sont vains. Et vous-même, sans cela, vous êtes malheureux. C'est la vie. Après vient la mort. Et vous ne savez plus. C'est bien ce que vous vivez, n'est-ce pas? Comme tous. Eh bien, sachez que vous vivez le Rien. Vous mourrez également le Rien. Il suffit d'ouvrir votre coeur, de l'écouter. J'ai écouté mon coeur, car tout m'était effrayant. Il y avait la vie, qui ne me satisfaisait pas car il y avait aussi la mort, l'envie inassouvie, les misères des démunis, il y avait les questions, le diable et la deception, la jeunesse à saisir, les regrets, la vieillesse, la tristesse, et encore la mort. Il y avait bien plus que cela. Il y avait tellement rien.
Et puis, une nuit, car j'étais de plus en plus incrédule à l'existence, j'ai compris que ce rien était le seul vrai. Il n'y avait vraiment rien.
Alors, soudainement, je me suis retrouvée là où je voulais être, comme je voulais l'être... avec qui, surtout. Je sais bien que même cet amour, ces hautes herbes et le chant des oiseaux peuvent aussi être inconsistants. Mais pour moi, il sont tout, et çela me suffit. Je pense que sur le Rien où nous sommes- et nous sommes nous-mêmes rien- nous devrions tous écouter notre coeur, et le laisser choisir le meilleur Rien pour nous, alors il n'y aura que Tout.

Mutisme

- Très bien, alors je vais laisser faire mon coeur, nous allons voir. Je t'ai écouté jusqu'à maintenant, pourquoi ne pousserais-je pas le délire jusqu'au bout? Je reste cependant convaincu que tu es une illuminée, ma belle.

                                                           ***

- Je t'aime.
- Moi aussi, je t'aime.
- Nos mères rient ensemble.
- Elles sont si belles.
- Nos pères et nos frères jouent dans la prairie.
- Ce sont des Dieux.
- Nos soeurs sont au sommet de la montagne!
- Je les aime tant.
- Nos amis sont amoureux.
- Ils font l'amour dans les brindilles.
- Nous sommes amoureux.
- Nous faisons l'amour, nus, entre les herbes hautes, au chant des oiseaux.
- J'entends le bruit de la source sur la roche.
- Moi aussi.
- Nous somme au Paradis?
- Non.
- Où sommes-nous? Tout est si beau.
- Là où notre coeur nous a mené. Dans la nature, avec tout notre amour.
- Tout cela n'est rien, tu le sais!
- Ce qui est beau est.
- Tu es belle.
- Toi aussi tu es beau. mais le beau numéro 1 et le numéro 2 sont en fait le beau numéro 2 et 3. Ils sont Rien. Nous sommes Rien.
- Quel est le beau numéro 1?
- C'est l'amour.


Il faut aimer.




( Bon j'suis un peu partie en cacahuète sur cette fin, mais cette histoire de jardins en plastique me saoulait un peu finalement. En plus je sais pas si c'est compréhensible... )

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Publié dans Juin 2008

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