Que peut-on faire, Dieu, que doit-on faire alors?
..et je me suis demandé: Que me reste-t-il, à part d'exister?

Alors je suis seule. De toutes parts, il n'y a plus personne. La plupart de mes amis m'ont abandonné, trahi, ou je les ai rejetés. Je suis bel et bien seule. Je suis sans compagnie, sans amitié, sans amour. J'existe, et puis c'est tout. Je ne sais pas si c'est le résultat, ou pire la réussite, de l'expérience de mon inconscient. Expérience qui visait à évaluer vraiment la valeur des rapports avec autrui, la sincérité.
Ce serait pour cela que j'ai eu tendance ces 2 dernières années à effectuer des purges pour ce qui s'agissait de mes connaissances, et des refus envers la plupart de ceux qui venaient à moi. Je n'ai plus "d'amant éventuels". J'ai réussi. Et même si cet inconscient a percé l'hypocrisie, est-ce une bonne chose? Je suis seule.
Et je commence à m'en rendre compte, maintenant que je sors seule et que je ne sais pas où aller, que je parle seule dans les rues et que mes cigarettes n'ont plus de goût. Il me reste quelques copains, c'est vrai. Mais pour combien de temps? Alors peut-être que même dans la comédie, les relations avec les autres sont nécessaires. Je ne sais pas ce que j'ai à toujours vouloir que tout soit parfait pour aimer.
J'aurais sûrement dû retenir cette part de Moi. Je savais qu'elle était un peu auto-destructrice. J'aurais dû savoir la contrôler. J'ai tout réduit en poussières, sous prétexte qu'ils me dégoûtaient tous avec facebook et les amitiés qui se réduisaient à bien trop peu de choses pour être appelées ainsi. De la comédie. J'ai des preuves.
Même leurs couples plein d'amour, c'est un jeu de rôle, pour pouvoir fourrer leur langue un peu partout et se faire joliement caresser. Enfin, pas tous, le monde entier me dira. Oui, je sais. Et si j'arrivais à être comme cela moi aussi, si seulement je savais faire, je ne serais pas autant méprisante. Je ne sais pas comment faire. J'ai perdu tout le monde, et je dis "perdu" même pour tous ceux que j'ai laissé partir, bon, à qui j'ai dit de partir. Maintenant, je regrette.
J'ai de la haine contre les faux, et je suis triste d'avoir fait n'importe quoi aussi avec ceux qui m'aimaient vraiment. Et seule, comment avance-t-on? Je me suis demandé ce qu'il me restait, ici. Il faut croire que notre vie dépend des autres vies qui s'y mêlent. Il faut croire que " no se puede vivir sin amor". Ouais.
"Ce soir-là, comme je marchais encore
Par les routes perdues des coins paumés
Sous un ciel dense, comme sans pores
Je regardais le lointain les yeux cernés
Et je pensais noir, si noir qu'alors
Sur le trottoir rouge, je suis tombée
Il était seul, avec le bitume, mon corps
Si seul, et mon esprit était cage scellée"
Je n'écris plus, enfin, si, j'écris toujours, mais que pour moi. J'ai compris que les personnes de mon âge ne sont pas intéressés par tout cela. J'essayais d'être comme eux, je ne sais pas si ça a changé les choses.
Je fume du shit plus souvent, et je ris comme avant, il semble aussi qu'on m'aime bien en général, je plais aux garçons et on vient s'assoeir à côté de moi parceque je suis une bonne copine, c'est vrai.
Mais sauf un temps pas trop mal au présent, tout cela ne mène à rien. L'amitié, c'est durable et pour que je considère une personne en tant qu'ami, il faut plein de trucs. Bon, tout ça pour dire que j'ai arrêté de vouloir jouer la poète. Cela aussi, c'est inutile.
Les autres s'en fichent de la poésie, et réfléchir, c'est pas leur truc non plus. Ils disent au début " oh la la tu verrais comment Anissa écrit, j'suis restée comme ça devant mon ordi, elle est trop forte ". Ils me font des sourires et on en reste là. Ionesco a bien écrit "Il faut écrire pour soi, c’est ainsi que l’on peut arriver aux autres."
Je crois que ça dépend de quel type d'autres.
Toujours est il qu'en matière d'autre, j'ai atteint la note 0,5 /20.
Bon, je pourrais m'étendre et expliquer encore mon isolement nouveau, isolement pur cette fois. S'il perdure il sera douloureux. Mais plus le temps passe, plus j'arrive à être stoïque.
On comprend que le stoïque était malheureux: on ne décide pas de ne plus être atteint par les sentiments ( entre autre ) si nous sommes en harmonie avec eux, si nous n'avons que de bons sentiments, la décision du stoïcisme s'opère à partir d'un mal-être. On a essayé de trouver un moyen de vivre mieux car l'on n'était pas heureux.
Oké, forcément, devenir un mur ne permet pas de supprimer ce qui porte atteinte. Le truc, c'est de ne plus les ressentir, ces sentiments. Les laisser passer, ne rien vouloir en faire. Et accepter.
Je ne sais pas si on reste encore humain.
Bon, voilà, cet article était pour tous ceux qui ont un jour vécu des moments avec moi, qui m'ont appréciée et à qui j'ai pu apporter quoi que ce soit de bon, que j'ai aimé et en qui j'ai fait confiance. Les personnes qui ont des souvenirs communs avec moi, de bons. Enfin, celles qui maintenant ont refait leur vie. Sans moi.
Et moi sans eux.