Société tu m'auras pas
SOCIETE, COMMENT FONT-ILS POUR T'AIMER?
Je doutais de tout, moins que Descartes, mais quand même. Je me suis dit, gênée par ce doute, qu'il fallait, comme pour le reste, essayer d'en faire quelque chose. Je décidais de voir si le doute comme le désarroi ou l'excitation pouvait rendre productif. J'ai eu du mal à sortir la première phrase, avec le doute. La suite s'est avérée être nulle. Je me demandais si je savais vraiment faire quelquechose de mes 10 doigts. C'était en effet discutable. Et puis s'il faut de l'entraînement, ce que je refuse et qui me pousse à ne rien faire, alors je finirais automate, comme les autres. Je finirais sociétique et entêtée, je finirais fesse bouquienne et un peu bobo égarée. Je riais de dégoût. Je me voyais transformer en tout le monde, au fur et à mesure que je m'adaptais. J'avais décidé aussi qu'il fallait s'adapter. C'était un peu douloureux de s'en rendre compte. Il fallait sûrement une solution. Comme pour tout, je me disais, comme pour tout. Fameuses solutions qui se veulent découvrir mais qui ont tout l'air de ne pas exister du tout. Je devinais bien qu'il faudrait s'adapter encore longtemps. Je soupirais. La société. Je soupirais la société. Mais il était évident que je n'avais pas le choix.
Je devais m'adapter à tout cela. Même si je n'aimais pas. Je n'aimais pas, au moins une certitude.
La société me rendrait sûrement désabusée
Désanchantée, la société chaque jour me dénaturisait
Dans quelques années, je serai sans doute désabusée
Je marcherai et je serai l'objet de ma propre risée
C'était évident, la modernité, au fond, me détruisait
Et moi, même dérisoire, je sentais tout ça se briser
Mais j'avais appris, les sentiments, à les déguiser
Si bien qu'ils me semblaient parfois assez épuisés
Et si d'un cri fou, un jour, ces sentiments explosaient
Oh, pour le moment, je riais, riais, et méprisais
D'un air narquois, riant oui, pas encore blasée
Cette société, oh société qui me ferait désabusée
Cette société, oh société, qui si lourde me grisait.
Alors sur le macadam, dam, dam, dam
Roulements de tambours dans mes tympans
Je marchais, marchais, cherchant un peu de calme
Je vacillais, les voitures, la chaussée, sur l'accotement
Pour le moment, j'insultais les gouvernements et le capitalisme
Sur l'accotement, je chantais, du Vent! et Oh Cosmopolitisme!
Entre mes dents, je jurais Kerouac, Nom d'un Chien!
Amèrement, je crachais, ta Route me paraît si loin!
Très sincèrement, j'hurlais, Dieu, les Hommes sont des putains!
Seule sur le macadam noir, deserté, usé
Que vais-je devenir ici, je me disais
La société me rendrait sûrement désabusée
Mais avant, dis-je à un passant, la société, 'vais t'baiser
Mais avant, dis-je à un tournent, la société, 'vais la raser
Cela se termine en n'importe quoi. Je ne sais pas si le doute rend productif. Toujours est-il que quelques jours plus tard, doutant encore, de tout autour, de mes idées (existaient-elles?) et de ma plume (elle aussi? ) je grattais trois ou quatre lignes entre une pause caca à 12:30 et la reprise des cours à 13:30 ( en 1h j'ai juste le temps de faire caca ). Exploitation.
Devant moi, une étendue, elle paraissait infinie, et l'horizon
Devance-moi, âme vendue, qu'elle m'a dit, ma raison
J'ai couru, elle m'avait, la liberté
J'ai couru, elle m'appelait, la liberté
Elle m'a eue, je l'aimais, la liberté
Derrière-moi, ces rues, les Hommes déjà petits, les maisons
Déterre-moi, tu m'as cru, qu'elle ma dit, ma passion
J'ai volé, la liberté, c'était ça, je l'avais
J'ai volé, la société, là-bas, je l'enculais
J'ai crié, leur société, ces rats, je l'enculais
C'est encore pas cohérent, pas d'endroit précis, pas de temps
Mais la liberté, la liberté c'est ça
Le temps à l'être humain et l'espace, l'espace partout, l'espace à nous
Et une société, comme prison pour les meutriers
La société, c'est les limites. Entre autres.
C'est aussi face book
( fesse bouc, ou fesse-book c'est ptète mieux, ça fait "livre de fesses" ce qui voudrait dire que tous ces cons ont des têtes de fesses, et moi avec vous pouvez aller voir moi c'est "Anissa Kiedis" sur facebook )

[...]