Une autre inspiration.

Publié le par Anissa

  "Je ne sais pas comment commencer mon article. Je ne sais pas du tout. Tout à l'heure, je me disais que c'était drôle, tout ça. Je n'arrive pas à expliquer ce que je deviens, je crois que je ne comprends pas moi-même. Il est fort possible que je perde constamment tout ce que j'acquiers au cours de mon existence. Ainsi, le fait que je ne me sente plus capable de réfléchir comme je réflechissais à mes 15 ans est également dû à une certaine forme de perte. De même, j'ai la penaude impression d'avoir perdu le fil des mots.
Cependant, je ne peux pas parler de perte d'inspiration. L'inspiration, je n'ai jamais trouvé ça terrible comme phénomène, il n'y a pas un moment où l'on a plus de possibilité de sortir des choses qu'un autre, pour moi, il n'y a toujours eu que l'envie.
Et puis inspiration, je n'ai toujours connu que celle qui débouche sur un soupir. Ou celle que l'on prend avant de plonger en apnée."



Une feuille




Une feuille rousse, sur le béton gris, repose sans mouvement. Le béton est craquelé, plusieurs fissures profondes le traversent. La feuille rousse est aussi belle qu'une feuille verte, seule sa couleur rappelle que l'heure est à septembre.

Je regarde la feuille, un pigeon passe, en volant, gris. Pourquoi réfléchirais-je? Pourquoi succomberais-je aux plaintes stridentes que j'entends venir de mon ancéphale? Pourquoi analyserais-je l'existence, l'injustice, et mon existence? Le bonheur, la mort, Dieu,  et le Moi?

Le vent a soufflé un coup, la feuille a virevolté sur elle-même, est retombée au même endroit. Je ne vois pas sa trace sur l'asphalte desséché.

Chercher une solution est devenu dérisoire. Il n'y a pas de solution au problème autre que la cessation du problème. Définir le moyen et la manière est trop facile. Faire est bien loin.


Une feuille rousse, est posée sur le goudron gris-noir. A ses côtés, une tâche blanche et visqueuse, c'est l'excrément d'un pigeon, passé avec un nuage de pluie.

"Il faut pas dire ce qu'il faut faire, il faut faire ce qu'il faut faire" . Les interrogations sont vaines.

Il n'y a que moi qui te vois ainsi, petite feuille, que moi qui te vois ainsi, qui te vois ainsi, qui te vois en te regardant.
Tu es bien seule.

Mon père, ma Vie, Il, Dieu, aime-moi, et puis voilà.

Une feuille rousse, si légère, si verte, si crottée par le sol dur et noir, par la crotte liquide et blanche.

Aime-moi.

Penser au vent est difficile. Penser au vent, c'est penser à  l'avenir. Que  lui faut-il? Le vent la rendrait saine à nouveau. Le vent l'ôterait de la tâche, et du goudron. Seul lui peut.
Ou moi.

Doit-on avoir souffert pour avoir vécu? Les bêtises doivent-elles être tenues pour vérités? Ne faut-il pas être heureux? A la vie.. à la mort? Et pourquoi pas?

Le vent la mènerait bien loin. Une feuille rousse, repose sur l'asphalte, au-dessous de  l'arbre à la branche qui vient de la faire tomber.

Je ne veux pas que Dieu soit ôdieux. Ô Dieu, dans mon coeur incessament coeur d'enfant, restez le Bon Dieu.

Petite feuille, tu es partie, ce n'est pas le vent qui t'as prise.  As-tu seulement le choix? Le vent te perdra.

Suis-je obligée de penser? Je vois, je parle, j'entends, je touche, je regarde, je discute, j'écoute, je prends. En veux-je plus?

Tu n'as pas d'ailes, et les arbres ne se courbent que lorsqu'ils deviennent vieux. L'espoir t'auras peut-être déjà tuée.

Qu'est l'amour?: Le reste doit être absurde, s'il est mauvais. Pourquoi les autres ne le savent-ils pas?

Le vent vient de se lever tel Dracula de son cercueil. Minuit.

Ne crie-pas, mon cerveau, ne crie-pas, mon père, ne crie-pas, Dieu, Ne crie-pas, ma vie.

Une feuille rousse qui s'est envolé, qui tourne, tourne, tourne, tourne, tourne, tourne, tourne, tourne, tourne, tourne, tourne, tourbillonne et qui s'en va. S'en va. Va. Va. Va. Va. Va. a. a. a. a. . . .

Ne pleure- pas, mon coeur.

Ne restent devant moi qu'une planète grise, avec une tâche blanche.

Aime-moi
Aime-moi
Aime-moi
Et puis voilà.


Il reste aussi l'arbre. Mais c'est un souvenir.

Une feuille rousse, que l'on n'aura pas même besoin d'oublier.
Une feuille rousse, aussi fraîche qu'une verte, qui n'aura vécu que pour moi.


"L'avenir, c'est le vent.
Et la feuille, c'est personne.
C'est moi."






Publicité

Publié dans Septembre 2008

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
JE PRENDRAIS BIEN CELUI6LA EN PREMIER ET LE PUBLIER....<br /> réponds moi vite..<br /> djila..
Répondre
D
la vie c'est : toi..cette feuille rousse..ce vent..ce pigeon..cet ensemble!!!! que tu décris si bien...<br /> tes paroles sont belles ..d'un espoir infini...<br /> continue..DJILA
Répondre
U
anissa tu devrais faire ecrivaine t'es trés forte tout de mm.Ne cherche pas la verité trouve la avant qu'elle ne le fasse.
Répondre