Jardins artificiels ( suite )
Jardins artificiels ( suite )
- J'aurais dû dire "deuxième sujet"
- Tu?
- Je?
Rire
- Je t'ai encore fait rire!
- Le mal-entendu était drôle
- Je suis vexé.
- Il n'y a pas de quoi.
- Il n'y a pas de "quoi" non plus alors?!
Rire
- Cette fois c'est moi qui t'ai fait rire!
- Ce n'est pas la peine de relever à chaque fois.
- Je suis vexé.
Rire
- Alors pourquoi n'y-a-t-il pas de point? Il faut bien que les choses s'arrêtent, non? Tu n'en mets pas, toi, à la fin de tes phrases?
- Les phrases ne sont pas des choses. Il y a différents "points". Seuls ceux des phrases existent, car après il y a une majuscule.
- La mort est un point! Elle met un terme définitif à la vie...
- Il n'y a pas de mort, pas de vie.
- Ma parole, il n'y a donc rien!
- Oui et non. Il y a la nature, mon amour, les oiseaux, vous, moi...
- Heureux d'apprendre que j'existe dans ce néant!
- Le néant n'existe pas plus que tout, pas plus que vous.
- Même la nature, ton amour, les oiseaux, toi et moi n'existons pas? Tu as pourtant dit que nous étions présents.
- Nous sommes là, mais nous sommes rien. Il y a "rien" et "Le Rien". Rien est, mais forme Le Rien.
- C'est absurde et incompréhensible.
- Oui.
- Tu m'engoisses, avec tes idées...
- Seules la mort et la vie sont angoissantes. Il n'y a pas de vie ni de mort. Mes idées ne sont rien, ne soyez-pas angoissé, faîtes, vous-aussi, l'amour dans la nature, au doux chant des hirondelles.
- Je n'ai pas l'amour...
- Vous avez un coeur.
- Il faut un être.
- N'y-a-t-il pas d'être en votre coeur?
- Si... bien sûr que si... mais, voyons, tu ne vas pas aussi me dire que même pour faire l'amour, il n'y a pas de partenaire... c'est insensé et...
- Rien n'a de sens.
- Pourquoi?
- Parcequ'il n'y a rien.
- Tu fais l'amour avec rien, toi?
- Non.
- Tu es métaphorique, si tu n'es ni sous l'emprise de la drogue, ni folle.
Silence
- Tu es belle...
- Merci.
- Tu ne me contredis pas? La beauté n'est pas rien?
- La beauté est essentielle. Je ne serais pas là, s'il n'y avait pas le beau.
- Et les gens laids? Et ces bureaux?
- Quels bureaux?
On peut être laid et beau, tout comme beau et laid, laid et laid, ou encore beau et beau.
- Je suis comment?
Rire
- Vous voulez savoir si je vous trouve beau?
- Oui!
- Beau numéro 1 ou beau numéro 2?
- Les deux!
- Je ne peux pas.
- Pourquoi?
- Je ne connais pas assez le numéro 2.
- Oui, et puis notre expression est incorrecte, ces " beaux numéro 1 et 2" peuvent être des "laids numéro 1 et 2".
Rires
- Dans ce cas: le numéro 1?
- Je trouve que votre numéro 1 n'est pas mal!
- Un beau!? Tu me flattes, je vais rougir.
Rire
- Et... je suis plus pas mal que ton amour?
- Certainement pas.
Rire
- Tu n'as pas froid?
- Mon amour me réchauffe. Et j'aime la sensation de l'herbe sur mon corps.
- Je ne le dérange pas au moins, ton amour?
- Non, ça va.
- Le soleil va bientôt se lever...
- Il n'y a que l'aurore.
- Tu sais bien que le temps va reprendre son cours habituel. Tu le sais aussi bien que moi, et que les six milliards d'être humains à l'extérieur de ce faux-jardin. Je vois dans ton regard que tu n'es pas une dégénérée, alors, je t'en prie, vête-toi, et rentre chez toi. Tu es jeune, belle et talentueuse, quelle poète! Tu m'as fait rêver une nuit, ce qui ne m'était pas arrivé depuis si longtemps! Fais-moi donc le plaisir de ne pas te ridiculiser devant tous ces gens qui viendront bientôt, ils riraient de toi et profiteraient trop de ta beauté. Lève-toi. Vis.
Pause
- Pour ton coeur.
- Vous êtes gentil. Mais je n'ai rien inventé.
Je fais l'amour dans les hautes herbes, j'entends les battements de nos coeurs, le chant des oiseaux et le léger clipotis de la source près de nous.
- C'est le robinet qui est mal fermé! J'entends moi aussi cette eau qui tombe par mille gouttes. Mais elle ne tombe pas sur des roches, elle s'étale sur le lavabo! Réveille-toi donc!
- Vous m'avez demandé d'ouvrir les yeux. Je vous demande d'ouvrir votre coeur. Votre esprit comprendra alors.
- Mais comprendre quoi nom de D... !
- Arrêtez.
- Pourquoi, il y a Dieu parmi ton rien?
- Je ne sais pas. Mais la Création, même du Rien, sans Créateur...
Il faut comprendre qu'il n'y a rien n'a comprendre.
- Bêtises!
- Peut-être.
- Tu n'es pas sûre de toi en plus!
- Je suis sûre de mon coeur.
- Ton coeur n'est pas le mien!
- Tous les Hommes ont le même coeur.
- Poétique.
- Si vous le dîtes. Je suis sûre de tout ce que j'ai dit.
- Tu es contradictoire.
- Je suis naturelle. La contradiction fait avancer, or il n'y a pas de but.
- Pas de but? La belle affaire! Nous errons donc sur Terre, comme de pauvres âmes oubliées, éternellement?
- Vous errez.
Moi, je n'erre pas.
Sursaut
La fin sera dans un dernier article.
[ Je sais que la qualité de la photo est nulle, mais c'est très compliqué. Pour résumer, en Normandie, j'ai fait pas mal de photos avec mon mini-appareil, normal. Mais une fois, j'ai voulu en supprimer une ratée, et j'ai appuyé un bouton en dessous, parce qu'y a eu un vent dévastateur qui s'est mit à souffler au même moment, et qui a donc fait bouger mon doigt. Et tout fût supprimé, comme ça, tout, d'un coup. Je suis restée figée.
J'ai dû faire des trafics inimaginables pour pouvoir les récupérer. Je vous raconterai ça plus tard. ]