Opaque. Je vais bien.

Publié le par Anissa


 Eh ben... qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?


Je suis opaque. Comme le silence. Et le reste.
J'ai froid dans le dos. Il doit être quelquechose comme minuit et quatorze minutes. Mais je ne sais pas ce que c'est.
Le temps, je n'y fais plus attention.
J'oublie d'allumer les lumières, je laisse les fenêtres toujours ouvertes. Il pleut, de plus en plus fort, une araignée rouge, assez petite marche sur le plafond.
Je ne sais pas pourquoi, j'ai d'abord songé à la noyer, en jetant sur elle de l'eau de ma bouteille, puis à la brûler, je ne sais pas vraiment comment. Je m'en fous tellement.

J'ai froid dans le dos, c'est normal, je suis appuyée contre mon radiateur froid. Il est en-dessous de mon velux.
Le froid dans les os, ça fait des rhumatismes.
Je me souviens qu'une fille pour qui je fûs la meilleure amie pendant deux ans et qui a remarqué mon ingratitude il y a quelques mois ne connaissait pas ce mot. Rhumatisme, ça touche les vieux. Et pas que.

Je pense au mot "opaque".
Et puis je me rends compte que  je me fous du mot "opaque".
Je ne suis pas triste, je pleure sans être triste. Et puis je ris aussi.
Dans "être triste", il y a "être". Je ne suis plus, en ce moment.

Ce matin, tard, vers treize heures, j'ai ouvert le velux, comme chaque matin, quand je sors mon corps de mes draps.
J'ai entendu ma très vieille voisine dire à un homme, d'un ton plein d'entrain " ça va monsieur?" et lui qui répondait " bah, avec du courage.. ", puis elle " Eh oui, du courage! Il en faut! Si l'on n'avait pas de courage, on se lèverait, s'habillerait, et retournerait se coucher! "

Je me souvins alors que j'étais une lâche. J'ai commencé à faire un truc qui s'appelle "abandonner"...
Quand je me souviens, je suis inerte, surtout mes yeux. Comme quand je pense. Mais se souvenir, c'est un peu penser. Je me souviens qu'à mon oral, j'ai mis des "un peu" partout. Je me souviens de la chanson de Daniel Darc " un peu, c'est tout ". Moi, je ne veux pas qu'un peu, alors je disais " un peu? pas assez! "
On sait ce qui est demandé.

Maintenant, je laisse... jusqu'à quand?

Bref, voilà, vous savez tout. Alors, que voulez-vous que je vous dise?
Je n'ai rien à dire, encore, quand j'étais vide, je pouvais écrire que je l'étais. Mais là, comprenez, je ne suis pas du tout.
Et le rien est simplement... rien du tout.
J'ai bien écrit quelques trucs, c'est vrai, je pourrais recopier.
Mais ce serait mentir.
J'étais cynique, triste, ou j'avais peur... ou quelconque autre mauvais sentiment.
[ De toute façon, vous devez avoir l'habitude, ce blog, c'est ça, un mauvais sentiment. Cela devra changer. ]

Bon, maintenant, je n'ai aucun sentiment, alors... voilà voilà voilà voilà, je ne peux plus écrire. Mais je lis. Salut.


 

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Publié dans Juillet 2008

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M
"Araignée du soir espoir" !<br /> <br /> "Dans "être triste", il y a "être". Je ne suis plus, en ce moment." --> Pourtant jusqu'à ce jour tu es Mon amie spéciale, dans le sens mélioratif du terme.<br /> Tu fus peut-être, tu es certainement, mais tu seras. C'est le vide que tu ressens, cette impression d'etre une enveloppe qui ne contient que les atomes d'O2 et cO2 (mon côté scientifique essaye de faire surface mais émerge)<br /> <br /> "Ce matin, tard vers 13h00" essaye de reprendre des conditions de vie stable, ta lassitude, n'arrangera rien, mais aggravera certainement...<br /> <br /> Rah j'aimerai trouver cette solution, j'ai peur pour toi de cet aprem' et de ce qui peut se passer, ne fais pas de bêtise surtout. Mais tu es intelligente, tu sais ce qu'il y a à faire...<br /> <br /> Je t'aime
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