Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 23:05

Traversée
   
  
  
Il fait nuit très nuit et le noir envoutant envahit mes pensées je marche
je marche et dites moi ce qui pourra m'arrêter
un jour j'ai dit tout ça c'est terminé
mais c'était comme oublier que les coeurs outragés et que
les âmes déterminées
sont pour l'éternité condamnés
à tour à tour à tour à tour à tous déserter
je marche et emprunte les routes égarées isolées et aussi

les terrains les plus
abandonnés
j'attends dans la laideur j'attends dans l'horreur
j'attends dans le vide et j'attends dans l'obscurité
une ultime salvation
longtemps ce rôle j'ai joué eh parodie de moi que je te hais je te hais je t'en veux
d'avoir existé
tu m'as roulée et détournée
de ma voie réelle de mon unique possibilité mon seul résultat
ce sont mes yeux que j'ai refermés
sur la réalité
chaque fois
cette nuit je marche et puis j'ai envie de me confondre avec la terre que j'écrase qu'elle m'emporte lui dis je
emporte moi
j'ai tant menti tant inventé
ce n'était pas moi
car on n'efface jamais
croyez moi
l'encre indissoluble qui coule sur les lignes de toutes les
 destinées
j'avance dans le noir et il me semble que tout me revient
les promenades sur la conscience et un peu seule contre le temps
les fumeries d'inconscience et toutes les errances d'antan
je regarde encore le ciel et je dis
Oh Dieu à tort la terre, et si le ciel me prend
c'est bien ce que je veux
et pourtant
je marche je marche que sais je de la direction
nord sud est que sais je de la destination
c'est quelque chose qui flotte un peu ne pense pas
c'est une chose qui effleure doucement
qu'on ne voit pas
personne il n'y a personne et c'est le désert des coeurs qui attise les haines si poétiques soient elles et qui attire les solitudes douleurs si romantiques soient elles
quel rôle oh quel triste rôle
car en réalité
je me fous bien de toute cette terre
et quelle indifférence
quelle quelle quelle quelle indifférence
et car je me fous bien de tous ces êtres
tous tous tous tous et infiniment étrangers à mon coeur
à mon idée
mon intérêt
à mon combat
certes ma lutte n'est qu'en moi-même
le reste n'est qu'un cri
encombrant
problématique
animé
uniquement
par de mauvais desseins
EH on est seul et enfant déjà
je le savais
le reste n'est qu'une guerre
bien inutile à mener
car lorsqu'on accepte l'enfer alors que l'on sait
on se brûle les ailes
elles ne repoussent jamais
on se brûle les jambes la tête les mains les pieds
trop se rapprocher de la pauvre chaleur humaine
glaciale artificielle temporaire inconstante présence de l'autrui
offre pour seul récompense les plus terribles peines
et l'hématome de l'âme qui tombe dans le plus grand des bruits
reste comme la cicatrice des organes arrachés
je marche et des mots me poursuivent
ils me disent
comme revenant d'un passé enfoui encore présent
je les entends au loin qui résonnent
que l'Homme qui sait celui là qui est très conscient
en ce monde n'a besoin de personne
alors je marche je marche je marche encore
l'atmosphère est belle je passe à travers les champs je passe à travers les blés je passe à travers l'existence
adieu l'avenir
et j'écrase les souvenirs
je passe à travers les sociétés je marche sur les contrées je piétine l'humanité
car elle m'emmerde
elle m'emmerde
elle m'emmerde
elle m'emmerde
je marche alors je continue de marcher je suis seule et c'est si bon ainsi
le vent m'aura
le vent m'aura
il n'y a plus rien d'autre je regarde autour de moi j'ai raison
inconstance inconstance telle est la Création elle dans tous ses moindres partielles d'atomes ici dans un terrible fracas tout s'en vient tout s'en va
ici rien n'est honnêteté rien n'est bravoure rien n'est sincérité comme l'abruptitude de ces mots que le vent me souffle aux tympans ohhhh il y a ce tourbillon j'entends la tempête et avec la même attitude je laisse m'envahir la bête

qu'elle vienne
et j'attends
je fais offrande de cet esprit je fais offrande de ce qui bat encore en moi
je n'ai besoin de rien
et si cette terrible pluie qui s'abat redonne à mon coeur une pureté oubliée
alors il y aura un sens
à cette longue traversée
la nuit ne finit pas et c'est si bien ainsi adieu douce banalité adieu facile impunité
adieu mauvaise comédie
j'avance vers nulle part et apprécie le nouvel espace
de ma liberté
je m'en vais de nulle part et mets un point à la farce
de l'absurdité.

Par Anissartiste - Publié dans : Octobre 2011 - Communauté : Poetes Maudits
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  • : Un crayon, un clavier, peu importe. Des lettres! de l'encre, des touches, on s'en fout. Des mots, une écriture ronde, time new roman, quelle différence? Des phrases, avec des mots, des mots, avec des lettres, voilà tout. Des phrases, pour des écrits, des écrits, pour une liberté. D'esprit. Une liberté, pour une vie. Et des images? Photographies... "Parce qu'une photo sait parler mieux que tous les mots"... Essayons de contredire le proverbe, avec les mots, parlons mieux. Composons.
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