Partager l'article ! "Ce qui va mal, ce n'est pas le monde, c'est notre manière de le regarder." H. Miller: Ecrire cette nuit, écrire e ...
Ecrire cette nuit, écrire encore
James, qu'est-ce que tu prévois de faire cette nuit, dis James, James, dis, tu vas faire quoi alors dis moi ! Et puis, dis voir un peu ce que t'en penses, toi de toutes ces conneries, alors? Tu comptes t'occuper comment, moi je sais pas, j'vais peut-être roupiller, mais je sais pas, et toi, tu vas faire quoi cette nuit? Tu sais, c'est une nuit particulière, c'est l'éclipse dehors, toutes les lunettes seront présentes, et toi tu vas y'aller James, dis, tu vas y'aller voir l'eclipse? Moi je sais pas, j'crois bien que j'vais m'coucher, tu sais, j'suis un peu crevé, tu sais, avec tout ce boulot. . et toi, ton avis sur ces conneries, dis? Et tu vas faire quoi cette nuit?
Je sais pas vieux, écrire cette nuit, écrire encore. . Ces choses incompréhensibles pour le reste du monde, celui qui n’est pas dans ma solitude. Personne ne comprend, et cela n’arrivera jamais, c’est évident, jamais. Les choses sont ainsi, les Hommes sont bornes et, leurs yeux resteront fermés. Qui pourrait comprendre, qui seulement voudrait bien encore, entendre. Certaines personnes n’existent pas, c’est un fait, il faut s’en accommoder. Certaines personnes n’existent pas et, je crois que ce sont celles qui sauraient. Qui auraient su. Mais je ne prétends pas savoir pour autant. Il en faut qui cherchent à comprendre, c’est une certaine forme de compréhension. On a déjà atteint une part de Vérité, dès lors que l’on cherche la Vérité.
Qu’allez-vous dire, allez-vous dire que l’unique effort qui doit être fournit est tout juste celui que vous nommerez « adaptation », puisque vraisemblablement le problème vient de celui qui se pose la question, car c’est lui qui le fixe sur des bases claires et explicites ? Je répondrai que toute ma vie, Dieu, je me suis adapté, tant bien que mal certes, avec parfois des écarts vers trop de solitude, mais quand même ! Tout de même, si je ne m’étais pas forcé, si souvent, vous savez, simplement faire acte de présence est un effort, si je n’avais pas essayé, Dieu, je n’aurais pas survécu. Or aujourd’hui je suis vivant, bien vivant.
Et mes expositions explicites de la question à résoudre de façon philosophique ne sont qu’une traduction des soucis existentiels de l’humanité qu’une incapacité mentale, un déficit spirituel et une bêtise pas vraiment tacite, masquent trop facilement. Un problème universel dissimulé sous de la stupidité à échelle personnelle, chaque fois différemment exprimée, mais comme qui dirait, dans le fond, universelle également.
Alors cette nuit j’écris, j’écris encore. Pour moi-même. Ai-je le choix.
Il y a des choses simples, pourtant si simples, que chaque individu se refuse à admettre en soi, tous ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer jusqu’à aujourd’hui, et éventuellement de connaître par la suite, se sont avérés être incompétents en ce qui concerne l’assimilation de ces différentes « choses » essentielles, obligatoires, indispensables, pour la vie. Et ce ne sont pas de simples coïncidences, trêve de naïveté, j’ai l’impression depuis toujours que toutes les têtes autour de moi ne sont qu’un seul et même connard. Tous pareils c’est fou, à croire que tous sortent du même moule. Chaque fois à te sortir des grossièretés similaires, avec les mêmes grimaces et vous me croirez si je vous dis que tous ont aussi le même caractère. Tellement prévisibles, maintenant, tellement simples. . Et ils pensent chaque fois avoir raison, c’est toujours, toujours pareil ! Je fais l’amalgame des personnalités, savez-vous pourquoi, parce qu’il n’y a pas de personnes, il y a quelque part des moteurs qui les font tous se mouvoir sur le même rythme, des sortes de sources motrices oui, pour ces êtres vides, qui en ont besoin. Ces êtres dépourvus de cerveaux. Simplement, ils suivent les mêmes modèles, qu’ils pensent être les bons. Même s’ils arrivent encore à s’opposer les uns les autres. Et ça, c’est le comble du risible.
Ils se cantonnent dans des partis politiques, des positions économiques, des frontières géographiques, des professions spécifiques, des idées différenciées, des classements d’ordre financiers. . etc etc. . mais les pauvres niais ne sont que manipulés. Ils sont tous d’accord et ne s’en rendent même pas compte. Ce sont des alliés, aliénés par tout ce dont est constituée l’ère en consommation, ce sont des compagnons de croisière, je parle de toute l’humanité au 21ème siècle, les Hommes d’aujourd’hui sont les alliés de la modernité. Je crois qu’il y a des héritages culturels, d’éducation, même génétiques, et surtout idéologiques transmis entre les Hommes à travers le monde entier, pouvant être exploités à titres individuels, des liens qui transcendent et transcenderont encore toutes les générations. C’est purement ridicule. C’est une comédie sans fond, nous savons que même la haine est sujette au calcul, la haine est une source de revenus, rien n’est pas commercialisé, aussi bien la mort que la mal-vie, tout chose est aujourd’hui capitalisée, c’est histoire de faire tourner le monde et de le marquer plus encore, laisser sa trace de merde. Toutes les civilisations ont désiré faire ça, tous les Etats du monde s’en chargent de nos jours, et ça ne s’arrêtera jamais. Tout cela m’ennuie profondément, parce qu’il n’y a pas de solution, puisque tout est fait en sorte pour qu’il n’y ait pas de solution. Ces cons sont les victimes de leurs propres pièges. Rien n’est fait au hasard. On va tous mourir, et dans une mascarade générale.
Je passe du monde à l’individu mais peu importe, je ne veux pas être structuré cette nuit, il faut de la force, laissez-moi simplement écrire, d’une écriture en chantier, de toute façon, peu importe. C’est inutile. Mais la folie reste une échappatoire pour l'Homme, comme su.
Ils refusent, ils ne veulent pas accepter ce qui a un sens, bordel, le moindre grain de sel qui a le malheur de porter en lui l’ombre d’un sens, est rejeté par leur immondice innée, leur réflexion infâme d’êtres faibles, d’êtres « pas compliqués ».
Ils ne comprennent pas le sens du respect, non plus la notion de dignité, refusent depuis le berceau la pensée, ont détruit la beauté, anéanti par tous les moyens la liberté, ils ont tellement peur de la solitude, s’inventent des intelligences, mais n’en connaissent pas même la définition, mais pas de problème : ils inventent aussi les définitions. Par-dessus tout, la Bête éprouve l'implacable besoin de LA LUTTE. LE COMBAT est leur essence, tout juste ce qui leur permet de se sentir VIVANTS. Alors sans cesse, continuellement et sans même éprouver jamais la nécessité d'une trêve, si minime fût-elle, ils EMMERDENT LE MONDE, sans aucun scrupule, ni la moindre culpabilité, OH! bien au contraire ! Toujours avec la tenace certitude d'avoir raison et l'incroyable conviction d'être LA misérable victime.
Laissez-moi pleurer. Comment voulez-vous que certains ne choisissent pas de se faire ERMITE comme dernier recours. Comment voulez-vous.
Ils se créent des centres d’intérêt, tellement inutiles, si concrets, tellement futiles, et ils se figurent que rien n’est plus important que cette masse de connerie qu’ils avalent chaque jour en se sentant toujours plus complets, et qu’ils recrachent au nez de tout le monde à leurs seuls plaisirs, alors que rien de tout cela ne les mènera nulle part. Trouvez m’en un qui ne passe pas à côté de ce qui compte vraiment, ce qui forge une âme, ce qui lui donne de la valeur, Eh ! Parlons-en de la valeur ! Rien ne leur est moins inconnu que même l’ouïe du mot v-a-l-e-u-r. Tous se sentent d’un supérieur, et c’est pourtant chaque fois à se demander d’où cela peut bien leur venir, d’où peuvent-ils tirer cette satisfaction insipide et, c’est peu de le dire, on ne peut plus incohérente. Ils m’ennuient, autant je trouvais auparavant quelque plaisir à analyser les comportements de mes camarades humains, autant aujourd’hui, il ne me reste que l’horripilation. Je crois que je suis fatigué, peut-être. Et peut-être que j’avais beaucoup d’espoir finalement, avant. Car j’ai beaucoup parlé, oh, j’ai tant disserté, vous savez, un peu partout, par-ci par-là, chaque fois que j’ai pu, j’avais beaucoup d’énergie, finalement, je m’en rends compte, et aussi assez de rage. Cette tenace envie de partager, et surtout d’apprendre. Maintenant, j’ai toujours les mêmes convictions, mais je ne crois plus suffisamment en l’autre pour en discuter. Ceux avec qui j’ai le plus échangé, et qui semblaient comprendre, très bien, m’ont ensuite trahi, très bien. Alors je garde mes mots, ils ne seront ainsi plus volés, envolés, et, je cherche quelque part en moi une tanière pour ma sincérité. Que voulez-vous, c’est douloureux aussi, mais j’ai besoin de changer la forme de ma douleur, il y aura peut-être moins de déception. Et ce genre de décision t’apprend à prendre un peu moins les choses à cœur.
Ils rejettent jusqu’à la prononciation du mot valeur. La confiance aveugle ne peut pas exister, elle n’a pas lieu d’être, la chute serait bien trop haute. Alors comment seulement parler d’Amour. Non, c’est impossible. Le seul moyen d’aimer est d’oublier tout ça. De jouer le même rôle que tous ces gens fades et inconscients, qui toujours se prendront pour « mieux ». C’est la comédie du politicien. Une comédie non reconnue. Une farce de théâtre de vaudeville. Du théâtre de dimanche. Et que le monde entier jamais ne cessera d’applaudir. D’applaudir, et de solliciter. Pour, bien évidemment, appliquer le mieux possible. Baudets.
De la trahison constante, déguisée, grimée, maquillée : des traîtres aux joues roses et souriants, et des paroles comme des pièges à loups.
Ouais, je vais écrire ça vieux, je crois, tu sais, un truc dans le genre, et je vais dire à la fin, comme un message:
"Je ne connais pas la solution, pour qui n’est pas perplexe à la lecture de ces mots, je ne connais pas la solution, l’ami. Peut-être devrions-nous fuir ensemble, quelque part, je n’sais où. En embarquant avec nous, l’un l’autre dans la valise et pour tout bagage, nos solitudes."
Comme un message sans destinataire